La lutte contre les inondations ne repose pas uniquement sur les barrages, les ouvrages hydrauliques ou les dispositifs techniques. Elle exige également une meilleure connaissance des risques, une préparation accrue des institutions et une implication effective des populations exposées. C’est dans cette perspective que l’ABPC et plusieurs acteurs nationaux contribuent à l’élaboration d’un programme d’action destiné à améliorer la prévention et la gestion des inondations dans l’espace communautaire.
La rencontre a réuni des experts, des universitaires, des responsables de la Direction générale de l’eau, des organisations non gouvernementales, des représentants des communes du Grand Nokoué, de la Société de gestion des déchets et de la salubrité (SGDS), des professionnels des médias ainsi que des responsables de l’ABPC. Les échanges ont permis de recueillir les observations des différentes parties prenantes en vue de consolider le document.
Portée par la CEDEAO, avec l’appui financier de la Banque mondiale et de l’Union européenne, cette initiative répond à un défi majeur pour les pays de la sous-région : la multiplication des phénomènes hydrométéorologiques extrêmes et leurs conséquences sur les populations, les infrastructures et les activités économiques.
Selon Cyril Gourraud, expert au cabinet Sepia Conseils et responsable du projet, l’objectif est de promouvoir une véritable culture de prévention et de gestion du risque d’inondation, tout en renforçant les capacités des institutions, des collectivités territoriales et des autres acteurs concernés.
Agir avec les communautés à la base
Au-delà du renforcement des capacités institutionnelles, le programme entend accorder une place importante aux populations directement exposées aux inondations. Des actions de sensibilisation sont ainsi envisagées au profit des communautés locales, avec une attention particulière aux groupes les plus vulnérables.
La prise en compte des effets du changement climatique et de l’égalité entre les femmes et les hommes figure également parmi les préoccupations devant guider les stratégies de prévention et de gestion des risques. L’ambition est de favoriser des réponses mieux adaptées aux réalités locales et de renforcer la résilience des communautés face aux épisodes d’inondation. À l’issue du processus, le document final devrait être présenté aux responsables de la CEDEAO au début de l’année 2027, a indiqué Cyril Gourraud.
L'’ABPC mobilisée au service de la sous-région
Pour l’Agence béninoise de protection civile, cette initiative constitue une occasion de valoriser l’expérience acquise par le Bénin et de contribuer à la recherche de solutions communes face aux inondations. Représentant l’ABPC, Abdel-Akim Alley a réaffirmé la disponibilité de l’Agence à travailler aux côtés des acteurs et des institutions de la sous-région pour mieux prévenir les risques et atténuer leurs conséquences sur les populations. L’Agence se réjouit ainsi de prendre une part active à cette démarche régionale, dont les retombées attendues concernent notamment l’amélioration de la prévention, la préparation des communautés et la réduction des dommages liés aux inondations. En attendant la mise en œuvre des actions qui découleront du plan, l’ABPC appelle les populations du Grand Nokoué à adopter des comportements responsables. Elle les invite notamment à éviter le dépôt des déchets dans les caniveaux et les voies d’écoulement des eaux, afin de faciliter le drainage et de limiter les risques d’inondation.
Armel Tagnon