21 pays, dont 20 Etats africains et les États-Unis, ont pris part à l’opération Serengeti III qui vise à lutter contre les diverses formes de cybercriminalité, notamment la fraude sur internet, la compromission des e-mails professionnels, les arnaques en ligne, l’extorsion numérique.

D’après Interpol, les enquêtes ont permis d’identifier 65 929 victimes ciblées par les réseaux criminels. Selon le communiqué qui souligne l’ampleur et la sophistication des menaces numériques actuelles, les enquêtes financières ont lié les activités criminelles à des pertes dépassant 385 millions de dollars.

Selon Interpol, les 21 pays participants à Serengeti III sont l’Angola, le Bénin, le Cameroun, le Congo, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo, l’Eswatini, le Gabon, la Gambie, le Ghana, le Kenya, le Mozambique, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, l’Ouganda, les États-Unis, la Zambie et le Zimbabwe. Six de ces pays sont d'Afrique de l'Ouest : le Bénin, la Côte d'Ivoire, la Gambie, le Ghana, le Nigeria et le Sénégal. 

Nigéria, Ouganda, Angola et ailleurs : des infractions aux formes variées

Au Nigéria, un suspect a été arrêté dans le cadre d’une enquête portant sur une opération d’hameçonnage et de fraude par compromission de messagerie professionnelle. Les enquêteurs ont découvert la collecte d’identifiants logiciels et d’environ 2,1 millions d’adresses électroniques. Un véhicule de luxe, soupçonné d’avoir été acheté avec des produits d’activités criminelles, a également été récupéré.

Toujours au Nigéria, une enquête distincte a ciblé un stratagème international de fraude à l’investissement promu via des applications de messagerie, conduisant à l’arrestation d’un suspect. Des enquêtes financières ont révélé le transfert de plus de 2,4 millions de dollars américains en produits criminels présumés, dont une grande partie a été blanchie par le biais de transactions en cryptomonnaies.

En Ouganda, les autorités ont démantelé deux réseaux de fraude transnationale et arrêté 365 ressortissants étrangers soupçonnés d’être impliqués dans des fraudes à l’investissement et aux pensions ciblant des victimes en Asie. Selon Interpol, les réseaux utilisaient notamment des centres d’appels, des communications préparées à l’avance, de fausses plateformes de négociation et des sites internet frauduleux.

En Angola, deux centres illégaux de minage de cryptomonnaies ont été démantelés et neuf suspects arrêtés. Les autorités ont saisi plus de 2 000 équipements de minage ainsi que six installations illégales de transformation électrique. Interpol estime à plus d’un million de dollars la valeur des infrastructures électriques concernées.

En Tanzanie, les enquêteurs ont démantelé un système malveillant de prêt mobile. Au Gabon, une affaire concernait des escroqueries à l’importation de véhicules promues sur les réseaux sociaux. Au Congo, 30 suspects ont été arrêtés dans le cadre d’une opération contre la cybercriminalité.

Selon Interpol, plusieurs enquêtes issues de Serengeti III restent actives, les autorités poursuivant leurs efforts pour identifier d’autres suspects, retracer les produits illicites et analyser les preuves numériques saisies lors de l’opération.

 

S.N