Selon le compte rendu du conseil des ministres, le projet de loi de finances pour la gestion 2027 s’équilibre en ressources et en charges à 4.757,029 milliards de FCFA, contre 4.148,357 milliards de FCFA pour la loi de finances rectificative gestion 2026, soit une hausse de 14,7%. Il a pour objectif central de consolider une croissance soutenue, inclusive et durable, tout en poursuivant l’éradication de l'extrême pauvreté.

Il postule un taux de croissance économique de 7,5%, un déficit budgétaire global de 2,8% du PIB, conformément au critère de convergence de l'UEMOA, ainsi qu'un taux d'inflation de 2,0%, inférieur au seuil communautaire de 3,0%.

Sur cette base, l’action du Gouvernement sera structurée autour de cinq leviers prioritaires que sont : la modernisation de l’agriculture, le renforcement de la promotion industrielle, la valorisation du potentiel touristique et culturel, la promotion de l’innovation technologique et le renforcement du capital humain.

Ainsi, conformément aux orientations stratégiques, les dépenses publiques pour l’exercice 2027 resteront prioritairement orientées vers les investissements à fort impact économique et social. Le système éducatif et les domaines du cadre de vie, de la santé et de la protection sociale, de l’agriculture, de l’énergie, de l’eau, de la transformation digitale, de l’industrie et du tourisme bénéficieront d’un effort de financement soutenu.

Ce faisant, l’ambition du Gouvernement est de constituer un capital physique et humain de haute qualité pour ancrer durablement la transformation structurelle de l’économie, garantir un accès équitable aux services sociaux de base et lever les freins à l'insertion professionnelle des jeunes.

De façon spécifique, en matière sociale l'accent sera mis sur la poursuite de l’opérationnalisation et de l'extension du Programme Assurance pour le Renforcement du Capital Humain (ARCH), la poursuite et la généralisation de la mesure de gratuité des frais de scolarité des filles au secondaire général et technique ainsi que des autres mesures de gratuité, la poursuite du processus l’universalisation du programme des cantines scolaires, la mise à échelle et la consolidation du programme GBESSOKE, à travers des transferts monétaires aux ménages pauvres extrêmes pour le développement des activités génératrices de revenus, la mise en place d’une plateforme nationale des prestations sociales et l’institutionnalisation du service d’aide sociale d’urgence, comme dispositif national intégré de réponse aux urgences sociales.

Par ailleurs, figurent en bonne place : l'extension du Programme de nutrition en vue d’améliorer durablement l’état nutritionnel des populations cibles, la densification des programmes de vaccination des enfants, de lutte contre le paludisme, de santé maternelle, la poursuite de la construction et de la réhabilitation des lycées, la réhabilitation des infrastructures académiques et sociales des universités nationales, la poursuite du déploiement du télé-enseignement, la construction de cinq hôpitaux de zone, la réhabilitation et l’équipement des hôpitaux départementaux et des centres hospitalo-universitaires.

De même, constituent des priorités de ce projet de budget : la mise en œuvre du dispositif de prise en charge systématique des urgences vitales, la poursuite de l’équipement des écoles et établissements en tables-bancs et autres mobiliers essentiels, la requalification du dispositif des bourses d’études en liaison avec les filières prioritaires et les besoins du marché de l’emploi, le recrutement progressif sur titre des aspirants au métier d’enseignant, suivant les modalités retenues, ainsi que la mise en route de la réforme de l’avancement automatique de la carrière des agents de l’Etat.

Toutes ces actions seront accompagnées par le renforcement du mécanisme de financement des collectivités territoriales à travers l’opérationnalisation du Fonds d’Investissement Communal (FIC) et du mécanisme du découpage économique du territoire. Ce dernier permettra désormais aux communes de mobiliser davantage de ressources, d'accéder à des financements diversifiés en dehors des dotations de l'Etat, et de mettre en œuvre des projets structurants avec plus de prévisibilité, de transparence et de péréquation des ressources en lien avec les exigences de la réforme sur la décentralisation et la territorialisation du programme d’investissement public.

Au total, les dépenses à sensibilité sociale sont portées à 1.597,533 milliards de FCFA contre 1.285,37 milliards de FCFA prévus pour 2026.

 

E. Todjo